Comprendre l'importance des devises

Les fluctuations des devises sont une source d’incertitude pour les épargnants canadiens dont le portefeuille comprend des fonds de titres étrangers. Le déclin du dollar canadien peut produire des rendements supplémentaires pour les fonds communs de placement qui investissent à l'étranger, tandis qu'un dollar canadien faible peut avoir une incidence négative sur les rendements des placements étrangers, plus particulièrement pour les fonds d'actions américaines.

La présente section décrit l’incidence des mouvements des devises sur les fonds communs de placement qui détiennent des titres étrangers. Elle se penche aussi sur la façon d'atténuer le risque de change grâce à la couverture et à ce que les investisseurs doivent savoir, pour ce qui est de l'incidence des devises sur leur portefeuille.


Fonds communs de placement étrangers

Incidence des taux de change sur les rendements des fonds communs de placement étrangers

Vous vous exposez aux variations des taux de change (c’est-à-dire au risque de change) lorsque vous souscrivez des parts de fonds qui investissent dans des titres étrangers, comme des actions américaines.

Les investisseurs canadiens ont l’habitude d'utiliser des dollars canadiens pour investir dans des fonds communs de placement américains, mais les gestionnaires de ces fonds doivent convertir cet argent en dollars US pour acheter des actions et des obligations américaines.

Il faut bien comprendre que les valeurs unitaires et les taux de rendement de la plupart des fonds communs de placement sont exprimés en dollars canadiens, même s’ils sont placés à l’étranger. À titre d'exemple, étudions l'incidence que la monnaie peut avoir sur le taux de rendement global d'une action :

  Au moment de l’achat Au moment de la vente Résultat
Cours de l’action ($ US) 100 $ US 100 $ US Le cours réel de l'action n’a pas changé.
Taux de change 1,40 $ CA = 1 $ US 1,25 $ CA = 1 $ US Le dollar canadien s’est apprécié.
Cours de l’action ($ CA) 140 $ CA 125 $ CA Le cours de l’action, exprimé en dollars canadiens, a fléchi.

Comme le fonds est évalué en dollars canadiens, toutes choses étant égales d’ailleurs, la valeur d’un placement américain (en dollars canadiens) diminue lorsque le dollar canadien s’apprécie. Inversement, la valeur d’un placement américain augmente si le dollar canadien se déprécie.

Les taux de change varient de façon imprévisible

Les fluctuations des taux de change influent sur le rendement année après année, et qui plus est, ces fluctuations sont souvent imprévisibles. La remontée du huard a nui aux détenteurs canadiens de titres américains depuis 2003 (malgré les gains appréciables du marché boursier américain), mais le phénomène contraire s’est produit pendant la plus grande partie des années 1990 et au début des années 2000. (À mesure que le billet vert s'appréciait comparativement au dollar canadien au cours des années 1990, la valeur des fonds communs de placement américains augmentait une fois convertie de nouveau en dollars canadiens.)

Source: RBC GMA, Janvier 1999 à Mars 2014

Sur de longues périodes, l’incidence des mouvements des devises s’atténue

L’exemple ci-dessus fait ressortir le caractère imprévisible des fluctuations à court terme des taux de change et leur incidence sur le rendement des placements. Par contre, le tableau ci-dessous démontre que les fluctuations des devises ont une incidence négligeable à long terme. En fait, sur des périodes de quinze ans ou plus, l’incidence des taux de change sur les rendements des placements entre le Canada et les États-Unis est pratiquement nulle, ce qui est particulièrement important pour les personnes qui investissent pour de longues périodes.

 
Le raffermissement du huard au cours des dernières années a eu une incidence défavorable sur les rendements en dollars canadiens des investisseurs en actions américaines...
 
... mais l’incidence des fluctuations du taux de change diminue avec le temps.
Sources : RBC GMA, Citigroup

Principes fondamentaux de la couverture du risque de change

Principes fondamentaux de la couverture du risque de change

S’il est évident que l'incidence des fluctuations des taux de change s’estompe avec le temps, il existe des moyens d’atténuer leur effet à court terme. Ce processus s'appelle la couverture du risque de change. Quelle que soit l’évolution du huard après l’opération de couverture, l’investisseur sait que les fluctuations des devises n’auront qu’une faible incidence sur le rendement de son placement.

Exemple de couverture du risque de change

L’exemple classique de couverture est le cas du fermier qui vend du blé à des producteurs d’aliments. Au début de la saison de croissance, soit bien avant la moisson, le fermier connaît la quantité de blé qu’il va récolter quelques mois plus tard. Ce qu’il ne connaît pas est le prix du blé au moment de la vente aux producteurs d’aliments. Le fermier profitera d’une hausse des prix, mais sera perdant si les prix baissent.

Pour se prémunir contre une telle incertitude, l'agriculteur peut signer une entente au tout début de la saison et se garantir un prix de vente quelques mois plus tard. En s'assurant ainsi d’un prix fixe pour son blé, l'agriculteur sait à l’avance combien sa récolte lui rapportera et il n’a plus à s’inquiéter des fluctuations des prix du marché. Le fait d’atténuer le risque attribuable aux fluctuations des prix est ce qu’on appelle la couverture.

La couverture du risque de change comporte également son lot d'inconvénients

Le désavantage le plus important des opérations de couverture est que l’investisseur canadien ne profitera plus d’une chute du dollar canadien face aux devises étrangères pour réaliser des rendements additionnels. L’avantage est la protection du placement contre toute hausse du dollar canadien face aux devises étrangères.

À l'instar des contrats d'assurance, les opérations de couverture ont pour but d’éliminer l’incertitude. Et tout comme il faut payer pour acheter une police d’assurance, il faut généralement payer pour un contrat de couverture. Heureusement, ce coût est minimal, notamment dans le cas des fonds communs de placement en raison de leur importance et des conseils professionnels qui y sont associés.

Incidence des opérations de couverture du risque de change : le long terme et le court terme

Ces dernières années, la hausse du dollar canadien a diminué le rendement des placements en dollars US ; c'était la situation inverse dans la majeure partie des années quatre-vingt-dix. Durant cette période, le dollar US s'est apprécié par rapport au dollar canadien. Ainsi, les Canadiens ont bénéficié d'une forte hausse de la valeur des placements en dollars US, au moment de leur reconversion en dollars canadiens.

Les répercussions des devises sont importantes à court terme, mais elles sont négligeables à long terme. Les graphiques ci-dessous mettent en évidence l'incidence des fluctuations annuelles des taux de change et montrent de quelle façon celles-ci sont neutralisées à long terme.

Sources : RBC GMA, Janvier 1999 à Mars 2014


Principes fondamentaux en matière de monnaie

Les investisseurs ne devraient pas prendre des décisions de placement en fonction des attentes liées aux fluctuations futures des devises. Voici les principales raisons :

  1. Il est presque impossible de prédire les moments où se produisent les mouvements des devises.
    Prévoir les moments de hausse ou de baisse d'une monnaie est une tâche extrêmement difficile. L’ancien président de la Réserve fédérale américaine, Allan Greenspan, a même comparé la précision d’une prévision à court terme des taux de change avec celle d’un tirage au sort (lors d'une allocution en novembre 2004) :
    « À ma connaissance, malgré tous les efforts des analystes, il n’existe pas de modèles qui fournissent une prévision des variations des taux de change dont les résultats sont statistiquement supérieurs à ceux d’un tirage au sort ».
  2. Les répercussions des mouvements des devises diminuent avec le temps.
    Les taux de change fluctuent d’une année à l’autre, mais les répercussions des devises sur les rendements des placements diminuent avec le temps. Comme nous l’avons mentionné précédemment, à long terme, les mouvements des devises ont un impact mineur sur les rendements.
  1. Dans un portefeuille diversifié, les fluctuations des devises ont tendance à être neutralisées.
    Un portefeuille bien diversifié est constitué de placements en différentes devises. Par exemple, les fonds communs de placement mondiaux comportent des titres provenant des États-Unis, de l’Europe et de l’Asie, et ils sont tous libellés dans des devises différentes (c.-à-d. $ US, euro et yen). Souvent, la hausse d’une devise est neutralisée par la baisse d’une autre. Ces fluctuations à l’intérieur d’une corbeille de devises sont des opérations de couverture naturelles.

    Les Fonds d'actions internationales O'Shaughnessy RBC et Fonds d'actions mondiales Phillips, Hager & North sont des fonds qui investissent en plusieurs devises, ce qui procure une protection naturelle contre les fluctuations des taux de change.
  2. À long terme, il n’est pas rentable de parier sur les devises.
    L’importance des fluctuations des devises dépasse celle du marché boursier. À long terme, contrairement à ce qui se passe sur le marché boursier, il n’y a tout simplement aucune façon de profiter des fluctuations des devises. La tendance à long terme des marchés est à la hausse.

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